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Internationale
Virologie Numismatique
Horatio
Nelson: 1758-2002
Horatio
Nelson: 1758-2002 est une intervention orchestrée par l'Internationale
Virologie Numismatique (IVN), une désorganisation qui s'intéresse
à la subversion et au détournement des concepts de pouvoir,
d'aliénation et d'oppression.
Entre la plaisanterie, le sabotage et le geste politique radical, l'action
de l'IVN, autour du monument le plus ancien et le plus controversé
de Montréal, commence par une mise en valeur «rehaussant»
le monument commémoratif dédié au fameux amiral britannique
Horatio Nelson. Cet acte simple, voire minimal, trouvera écho dans
la ville, sur la place publique. En intervenant à même la
collection du Centre d'histoire de Montréal, l'IVN souhaite stimuler
un dialogue sur les stratégies appliquées par les pouvoirs
et les contre-pouvoirs quant à la récupération de
l'art public comme support idéologique.
L'Internationale Virologie Numismatique est une cellule anarcho-utopiste
fabriquée par Mathieu Beauséjour, artiste
indisciplinaire, qui propose des actions de résistance concrète
comme le parasitage de billets de banque et la diffusion de slogan par
le biais de tampons encreurs et de cartes postales. En s'immisçant
dans notre quotidien, la force de résistance que l'IVN déploie
nous gagne par contagion. Puisque la résistance prend racine dans
un discours imaginaire, elle recèle étrangement, par la
créativité qu'elle emploie à subvertir, un potentiel
révolutionnaire qu'un «vrai» discours militant ne parvient
pas à dégager.
Communiqués
UN VOL DE DYNAMITE (24 juillet 2002)
On a constaté lundi soir le vol d’une œuvre d’art
de l’Internationale Virologie Numismatique
Sur la Place Jacques-Cartier à Montréal se trouvait exposée
jusqu’à lundi soir une sculpture de l’IVN représentant
des batons de dynamite. Cette œuvre commémorait un fait historique
de 1893 où quatre jeunes dynamitards avaient tenté, sans
succès, de faire sauter le monument Nelson. Faut-il rappeler que
ce monument avait été, et est toujours, source de controverse
auprès des résidants de la ville: Pourquoi en sol montréalais
ce symbole de l’impérialisme britannique?
«Il est vrai que le projet appelait à une telle réaction»,
fait remarquer Mathieu Beauséjour, instigateur de l’IVN.
«Les interventions de l’IVN auprès du monument Nelson
voulaient raviver la mémoire du débat qui l’entourait.
Je constate que cela a été réalisé. J’espère
que ce geste avait une motivation politique... ou du moins esthétique!»
L’IVN lance un appel au voleur ou aux voleurs de rapporter la sculpture
intacte au Centre d’histoire de Montréal. Aucune poursuite
ne sera entamée contre les personnes. La police a été
avertie du vol.
L'AFFAIRE DU MONUMENT NELSON
Des dangers beaucoup plus sérieux et beaucoup plus
graves que l'existence du monument Nelson nous menacent.
Ces mots furent prononcés par l'honorable juge Dugas lors de la
sentence de quatre jeunes dynamiteurs, qui avaient tenté de faire
«sauter» le monument Nelson le 20 novembre 1893.
Lors de sa visite au Centre d’histoire de Montréal en octobre
2001, l’IVN découvre le monument original de Nelson. Détail
curieux: la statue, taillée à l’effigie du vaillant
combattant, gisait à même le sol. Elle était présentée
comme un artefact urbain, à côté de pièces
historiques de mobilier public. L’IVN décide d’enquêter.
Le monument dédié à l’amiral britannique Horatio
Nelson est le plus ancien monument de Montréal. Installé
sur la place Jacques-Cartier en 1810, il rend hommage au héros
de guerre qui fut tué au combat en remportant la victoire à
Trafalgar contre Napoléon en 1805. En apprenant la nouvelle lors
d’un bal, la société bourgeoise de Montréal
s’était écriée « Un monument ! ».
Plusieurs péripéties ont ensuite jalonné la vie de
la statue pour en faire le monument le plus controversé de l’histoire
de Montréal. Encore aujourd’hui, selon le personnel du Centre
d’histoire, des visiteurs expriment régulièrement
leur mécontentement de voir ce symbole de l’impérialisme
britannique conservé en ses murs.
Suite à son investigation, l’IVN conclue d’agir et
rehausse d’un piédestal plaqué de feuilles d’or
le monument original pesant 2000 livres. Un mois plus tard, le 1er juillet,
jour de la Confédération, l’IVN récidive au
pied de la colonne Nelson, sur la place Jacques-Cartier dans le Vieux-Montréal.
L’intervention de l’IVN fait cette fois référence
à une tentative d’attentat perpétrée contre
le monument en 1893. La
contradiction même des deux gestes posés par l’IVN
nous révèle qu’en effet des dangers «beaucoup
plus graves que l’existence du monument Nelson nous menacent».
Car le véritable sujet de toute cette affaire n’est pas le
monument Nelson mais bien tout ce qu’on dit et fait autour du monument
commémoratif.
Horatio Nelson 1758-2002, une intervention de l’Internationale Virologie
Numismatique à voir jusqu’au 22 septembre 2002 au Centre
d’histoire de Montréal et au pied de la colonne Nelson sur
la place Jacques-Cartier dans le Vieux-Montréal, à partir
du 1er juillet pour une durée de vie indéterminée.
Mathieu Beauséjour
Mathieu Beauséjour présente son travail régulièrement
depuis le milieu des années 90. Son projet Survival Virus de Survie
(1991-1999) a été présenté dans divers lieux
au Québec, au Canada et en France. Il a récemment bénéficié
d'une résidence au Centre Culturel Canadien à Paris organisé
par Quartier Éphémère (2000). Depuis 1999, il travaille
au projet Internationale Virologie Numismatique, qui s'est manifesté
notamment à Skol durant Les Commensaux (Montréal, 2001)
et à Glassbox (Paris, 2002). Il est récipiendaire de bourses
de création du CALQ et du CAC. Il est aussi travailleur culturel
(à la Galerie Clark et au Regroupement des Centres d'Artistes Autogérés
du Québec), anarcho-utopiste et gardien de zoo. |