Karen Spencer

dream listener / porteur de rêves / portador de sueños

Interventions

du 25 novembre 2006 au 25 nouvembre 2007
dans la ville

avec la collaboration du Centre de recherche urbaine de Montréal, de Homeless Nation et du Centre de jour St-James

LANCEMENT / LAUNCH

dream listener: An audiobook in three movements/un livre audio en trois parties
19 octobre 2007
18h à 23h
au parc sans nom

Les dons récoltés durant la soirée seront versés au Centre de jour St-James

Le livre audio est l'histoire fascinante de porteur de rêves, un projet d'art public signé Karen Spencer en collaboration avec le Centre de recherche urbaine de Montréal (CRUM), Homeless Nation et le Centre de jour St-James. Le projet porteur de rêves est une intervention mobile qui se déroule dans la rue sur une période d'un an; initié le 25 novembre 2006, il prendra fin le 25 novembre prochain. Pendant un an, Karen Spencer est descendue dans la rue avec des panneaux de carton sur lesquels étaient inscrits ses rêves. S'ensuit alors un dialogue avec les gens de la rue, offrant la possibilité de pénétrer dans l'univers onirique des autres. Elle demandait au public: «Avez-vous rêvé la nuit dernière? Racontez-moi votre rêve».

Nous sommes tous de beaux rêveurs.

Puisque l'intervention a lieu dans la rue et parce que le carton utilisé pour communiquer les rêves est récupéré, il s'établit une relation directe entre les actions et les gens qui vivent dans la rue. Karen a également consacré l'année à développer des liens avec les gens du Centre de jour St-James à Montréal où viennent ceux qui sont à risque en raison d'un ou d'une combinaison des facteurs suivants : itinérance, maladie mentale, consommation abusive d'alcool ou d'autres drogues, troubles de la personnalité ou déficience intellectuelle. Les interventions se sont déroulées à Montréal, Chicoutimi et North Bay, Ontario, où elle a partagé, compilé et écouté des rêves.

Suite à la commande de Karen Spencer, le Centre de recherche urbaine de Montréal a crée une composition audio dans le cadre de porteur de rêves.

dream listener: an audiobook in three movements combine des extraits de rêves qu'a recueilli Karen avec des narrations de rencontres avec des gens de la rue en cours de projet. À la fois poignant, surréel, comique et révélateur, ce livre audio constitue autant un document de l'expérience de Karen qu'une oeuvre originale. Le disque sera disponible au lancement - un don de 10 $ est suggéré; tous les profits seront remis au Centre St-James.

«Dans le cadre de ma recherche artistique, j'entreprends d'approfondir mon entendement de la nature éphémère des expériences quotidiennes et de re-situer celles-ci dans l'espace et le temps. Plus précisément, je cherche à subvertir les activités et les espaces auxquels on accorde un faible coefficient d'échange. J'ai toujours travaillé dans des sphères où est abordé le retrait d'une position sociale sécurisée. La maison de chambres de expect nothing (2000) était établie selon un rapport précaire à l'itinérance; le ramblin' man (2001) ne cherchait à occuper aucun espace; loitererin' (2003) se déroulait selon une relation délicate au territoire; et metro rider (2004) était en mouvement constant. Avec porteur de rêves, je poursuis cette exploration.»

Karen Spencer (Montréal) détient une maîtrise en arts de l'UQAM. Elle a présenté son travail à de nombreuses reprises au Québec, au Canada, en Finlande, en Yougoslavie, en Italie et en France.
Le Centre de recherche urbaine de Montréal est un collectif d'artistes qui tient à explorer et développer des liens entre l'art et l'espace urbain. Les membres actuels du CRUM sont Chris Carrière, Matt Killen, Alexandra McIntosh, Doug Scholes et Felicity Tayler.

Renseignements supplémentaires:
Le blog du projet de Karen Spencer (vous y trouverez de nombreuses photos).
dreamlistener.wordpress.com
Le Centre de jour St-James www.stjamescentre.ca
Homeless Nation est le seul site internet créé par et pour les itinérants du Canada. Il désire rétrécir l'écart numérique qui existe entre le grand public et la population itinérante canadienne. homelessnation.org
partout au Québec, visitez la 18e Nuit des sans-abri

Merci à l'ATSA - États d'urgence 21-25 novembre

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visite: mercredi 4 avril de 13h à 16h30 au Centre de jour St-James
(atelier d'art: 1440 St-Alexandre, coin Sainte-Catherine, 3e étage)

www.dreamlistener.wordpress.com

Écoute: Le projet de Karen Spencer consiste à écouter les rêves. Écouter encore. Et encore. Elle plongera dans le monde des rêves et cette immersion-même devient le contenu de son travail. Écouter s'associe au caractère éphémère, à la disparition des choses: le rêve raconté, le rêve entendu, le rêve qui disparaît.

Afin d'inscrire le travail dans une pratique artistique globale, il y aurait lieu de faire un parallèle avec le projet de performance Writing diary with water, en cours depuis 1995, de l'artiste de Beijing Song Dong. Dong se sert d'un pinceau à calligraphier pour inscrire, à l'eau, les entrées d'un journal intime sur un bloc de pierre. L'explication de l'artiste est éloquente: «Après un certain temps, cette pierre s'est lentement intégrée à mon être. Je pouvais donc lui dire tout ce que je voulais, sans aucun scrupule. Cette action s'est intégrée à ma vie et m'a permis d'être plus détendu.» D'une certaine façon, écouter les rêves est aussi une action qui s'intègre à la vie, une action qui ne laisse aucune trace et qui est répétée continuellement. Raconter le rêve interpelle l'ouïe; puis tout disparaît, comme les lettres d'eau sur la pierre qui disparaissent.

Affichage: Sur une période d'une année, Karen Spencer inscrira les rêves sur des panneaux de carton; elle descendra dans la rue et affichera un panneau devant elle. Rendu visible par l'affichage, le rêve suscitera une réaction. Il sera possible, une fois le dialogue entamé, de pénétrer dans le monde onirique des autres. Ce monde, qui relève de la vie privée, est ainsi déplacé dans la sphère sociale; il se crée alors une friction entre les rêves et les convenances, les normes. Il s'agit d'estomper les frontières entre intérieur et extérieur (dans la rue).

«Recourir aux rebus tel le carton, l'imprégner de mots avant de l'abandonner à nouveau. Croire au potentiel de l'indirect, de l'invisible, des rencontres fortuites avec des spectateurs ou des non-spectateurs -- un regard, qu'il soit bref, de biais ou fixe, un sourire, le détournement des yeux, l'esquive, l'approche...»

Tous les panneaux porteurs de rêves, ainsi que le site de leur abandon, font l'objet d'une documentation par l'entremise d'images numériques. Le blog, quant à lui, rapportera certaines rencontres.

Enregistrement: Le troisième volet rassemblera l'itinérance des sans-abris et les rêves -- tous deux jugés ne pas avoir de valeur économique, et tous deux tolérés tant qu'ils demeurent invisibles et qu'ils ne nuisent pas à l'économie de marché. Rêver est une activité généralement considérée comme une perte de temps, puisqu'elle ne produit pas de valeur marchande. Les sans-abri sont généralement considérés comme un fardeau social, puisqu'ils requièrent que d'autres interviennent en leur nom pour garantir leur «bien-être».

Un disque compact compilant l'enregistrement de rêves sera réalisé avec la collaboration de Homeless Nation et du Centre de recherche urbaine de Montréal. Le lancement est prévu pour octobre 2007 à l'occasion de la 18e Nuit des sans-abris du Québec. Les rêves audiophoniques pourront éventuellement être téléchargés à partir du site Web de Homeless Nation.

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Karen Spencer fera une performance/lecture de rêves au Festival Voix d'Amérique:

le 5 février 2007 entre 17h-19h
à la Casa del Popolo
4873 boul. Saint-Laurent

dans le cadre de la serie Text-Perplexed animée par Victoria Stanton

www.fva.ca

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rencontre avec l’artiste à la galerie Souffles
Vendredi 8 décembre 2006 à 19h

Souffles
7044 St-Urbain (entre Mozart et Jean-Talon)
Montréal Québec H2S 3H5
(514) 271-4691
métro de Castelnau
souffles@bellnet.ca


porteur de rêves/dream listener

la porteuse de rêves emprunte la rue
elle prend place sur le trottoir
tient devant elle des mots
des mots écrits sur du carton récupéré
ces mots racontent un rêve.
les autres voient les mots, lisent les mots
s’approchent d’elle, lui parlent
elle leur demande :
«As-tu rêvé la nuit dernière?
Raconte-moi ton rêve.»
elle écoute.
quand elle quitte la rue
elle laisse derrière elle le carton avec le rêve

Karen Spencer vagabonde, flâne, se promène en train, fait circuler les rêves. Elle tire des banalités de la vie une base poétique dont elle se sert pour prendre le temps. Bien que le travail de Karen ait été présenté dans divers centres d’exposition au Canada et en Europe (récemment: votre rêve dans mon oreille au Lobe à Chicoutimi, lit de pain à la Cité Internationale des Arts à Paris, et metro rider à la Centrale à Montréal), elle préfère toutefois présenter son travail dans la rue.

L'artiste bénéficie d'une aide financière du Conseil des arts et des lettres du Québec pour son projet. Elle désire remercier Émilie Laforce, Priscilla Kauffmann, Christine Brault, Valérie Perron, Jean-Pierre Caissie et Anne-Marie Beaulieu, coordinatrice de l'atelier d'art du Centre de jour St-James.